Ma vie c’est du cinéma (Extraits scénario)

Adaptation de mon troisième roman.

Scène 1. CAFE RESTAURANT – REUNION – INT/JOUR

On est sous les tropiques. Sur la route on s’approche d’une sorte de café restaurant genre bouge en tôle. On entre dans la minuscule salle. Deux clients sont attablés et boivent du whisky. Deux militaires en tenue d’été. Un beau garçon blond baraqué et un  mince brun  pas très beau. Des ventilateurs sur pied tournent. Il fait très chaud. Derrière le bar un homme torse-nu dégoulinant de sueur, en caleçon à fleurs, essuie les verres. Dans les quarante ans. Il est très gros et porte les traces sur son visage de l’alcool.

Le patron
Ah cette fois les gars c’est ma tournée !
Mathilde, tu viens servir ces messieurs !

Une jolie jeune femme de 25 ans environ apparaît tout sourire vêtue d’un paréo noué autour du cou. Elle n’est pas maquillée. Elle a  de longs cheveux blonds vénitien. Cette jeune fille contraste avec le bouge. Elle fait plutôt classe.

Mathilde (souriant)
Pas de problème Roger !

Elle se dirige derrière le bar, prend la bouteille de whisky posée dessus et se dirige vers les 2 militaires. Ils tendent leur verre. Elle les sert.

Mat (aux militaires)
Eh doucement les garçons, avec cette chaleur !
Le baraqué (en souriant)
T’inquiète pas ma belle, on a l’habitude tu sais !

Mathilde secoue la tête en souriant et se dirige vers le bar. Les deux militaires la suivent du regard.

Le baraqué (à voix basse en se penchant vers l’autre)
J’te l’avais dit. Elle est canon non !
Le mince (à voix basse)
Tu parles, si j’avais une meuf comme ça dans mon lit, ouah !

Les militaires continuent de papoter à voix basse. On les entend rigoler. Pendant ce temps là, Mathilde sert du whisky au patron.

Roger
Ah, je croyais que tu m’avais oublié !

Mathilde sourit.

Mathilde (à Roger)
Ça va là ? C’est bon ? Je peux te laisser ? Il est plus de 18 heures. Je crève de chaleur, je vais aller prendre un bon bain rempli de glaçons !
Roger (espiègle)
Bé, tu peux le prendre chez moi si tu veux !
Mathilde (en grimaçant et en tapotant sur l’épaule de Roger)
Ah c’est malin…

Mathilde attrape son sac derrière le comptoir, fait la bise au patron et aux deux militaires et sort du bouge.

Mathilde (en se retournant)
Allez chao les garçons, à demain !

Dans le bouge, les militaires se lèvent et se dirigent vers le bar.

Le baraqué (au patron)
Elle est maquée la belle ?
Roger
Non, je ne pense pas…
Eh arrêtez les mecs, c’est une fille sérieuse Mathilde
Le baraqué
On dit ça, on dit ça. Au fait, tu sais où elle sort le soir ?


Scène 32 – APPARTEMENT DU PERE – PARIS – INT/JOUR

Appartement parisien très cossu, très cossu mais très froid. Mathilde est assise sur un canapé dans l’immense salon. Une femme à peu près du même âge est assise en face d’elle sur un fauteuil crapaud. Elle a un style plutôt classique.

La femme
Tu déconnes Mathilde, qu’est-ce que tu vas encore foutre à la Réunion ?
Mat
J’en sais rien, mais moi si je reste à Sarcelles, je vais devenir tarée !
La femme
Ouais, mais si tu voulais bien te donner la peine de chercher un boulot…
Mat
Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Vendeuse ? Caissière ? Tu sais bien que j’ai horreur d’être enfermée.
La femme
Oh, je t’en prie, tu exagères… Alors chais pas moi, t’as qu’à chercher une formation !
Mat
C’est ça, oui ! Je te rappelle que sans le Bac, on va certainement me proposer un stage de secrétaire ou de coiffeuse !
La femme
Et alors ?

Mat se tortille gênée sur son fauteuil. A ce moment là le père de Mathilde entre dans le salon avec des boissons sur un plateau. Il porte un pantalon gris, chemise blanche.

La femme
Merci papa.
Le père
Alors les filles, quoi de neuf ?
La femme
Ben, tu ne connais pas la dernière ? Mathilde veut repartir à la Réunion !

Un silence.
Le père dévisage Mathilde assez sévèrement. Il secoue la tête.

Le père
Décidément, tu ne changeras jamais !
Mat
Eh bien, désolée de ne pas être comme vous ! Moi, j’ai pas envie de vivre la vie de monsieur tout le monde. Moi j’ai encore des rêves…
Le père
C’est ça, rêve ma fille, continue comme ça et dans dix ans tu en seras toujours au même point ! Regarde Patricia, ta sœur elle au moins elle a les pieds sur terre !
Patricia
Bon, ça suffit vous deux ! On n’est pas là pour s’engueuler. De toutes les manières, Mathilde fait ce qu’elle veut, elle est grande… Et puis, euh, j’aimerais te parler de quelque chose d’important papa…

Le père tourne son visage vers Patricia. Il lui sourit

Le père
Oui ma chérie, je t’écoute…
Patricia
Bon voilà, j’ai un élève de seconde qui…

On n’entend plus la discussion. Le père et Patricia parlent entre eux laissant Mathilde seule boire son jus d’orange. Elle les regarde, essayant de s’intéresser à la discussion, mais eux ne la voient plus.


Scène 45 – APPARTEMENT CHEZ PHILIPPE CHAMBRE – REUNION – INT/NUIT
Mat et Phil sont allongés nus sur le lit. Les draps sont défaits et l’on comprend qu’ils viennent de faire l’amour. La chambre est spacieuse et luxueuse.

Phil (caressant le visage de Mat)
Tu as faim, tu veux quelque chose ma puce ?
Mat
Je meurs de faim et de soif. Des fraises et un doigt de champagne ! Tu as ça chez toi ? Non, je déconne ! Sais pas moi, comme tu veux !

Phil se lève, enfile un caleçon et sort de la chambre. Mat s’assoit sur le lit, remonte le drap sur elle. Elle est songeuse.

Mat (parlant fort)
Au fait Philippe, tu ne m’as pas demandé pour mon livre !

Phil réapparaît dans la chambre avec un plateau. Du coca, deux verres et une assiette de cakes. Il pose le plateau sur le lit et reste debout.

Phil
Tu sais bien ce que je pense de tout ça. Tout le monde écrit, tout le monde a quelque chose à dire, tu crois vraiment qu’ils t’attendent ?
Mat
Ah c’est sympa ça, t’es plutôt encourageant comme mec ! Mon histoire à moi est tout de même différente non ?
Phil
Tu n’es pas la seule femme qui soit partie avec un voyou !
Mat
Peut-être Philippe, mais mon histoire ne repose pas là-dessus. Mon histoire c’est ces trois mois que j’ai passés en Grèce,
(à peine audible)
Ma descente aux enfers…
Phil
Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ?
Mat
Rien, rien d’important…

Philippe hausse les épaules et s’assoit sur le lit.

Phil
Ecoute, sois réaliste ma chérie. Tu ne connais personne dans le milieu de l’édition. Non vraiment, redescends sur terre ! C’est comme pour tes inventions là, le caillebotis et le séchoir à linge ! Comment comptes-tu t’y prendre sans un rond !
Mat
Chais pas, mais j’irai jusqu’où bout en tous cas !
Phil (doucement)
Ben viens habiter à la maison. Tu sais que je peux t’aider moi !
Mat (gentiment)
On en a déjà parlé des centaines de fois mon petit Fifi, tu sais ce que j’en pense…
Phil
Oui, je sais, mais tu peux habiter tout le premier étage si tu veux. Tu auras ta chambre, celle de ta fille et puis…. Une salle de bain vert d’eau, comme tu aimes…

Mat regarde Philippe pendant quelques secondes, comme si elle réfléchissait. Elle se déride enfin et tend les bras vers le plateau.

Mat (joyeusement)
Bon allez, et si on mangeait un de ces délicieux petits gâteaux hein !
Mat se saisit d’un cake et commence à le grignoter
Phil (haussant le ton)
C’est toujours la même rengaine avec toi Mat. La dernière fois que tu étais à la Réunion, tu me tenais le même discours. Ça suffit Mathilde. Maintenant tu prends une décision. Ou c’est oui, ou c’est non. Mais je te préviens que si c’est non, pas question que je te donne un coup de main pour tes projets !
Mat (agacée)
Ah, le masque vient de tomber… T’es vraiment un beau salaud de me dire ça quand même. Finalement, t’as pas changé hein !
Phil (haussant le ton)
Eh toi tu t’es regardé avec tes rêves d’adulte attardée ? Pour qui tu te prends ? Tu n’es qu’un parasite Mathilde, un parasite !
Mat (s’énervant)
Complètement fêlé le mec !!!

Phil l’air furieux balance une gifle à Mat. La gifle l’a projette en arrière sur le lit. Elle est sous le choc et se tient la joue tout en regardant Phil.

Mat (ébahie)
Ça va pas non, t’es malade !
Phil (s’est levé et s’énerve tout seul)
Si ça va très bien justement mais tu me fatigues ; tu comprends Mat, tu me fatigues ! Pour qui tu te prends dis donc. Tu sais qui je suis moi ici ! Tu sais qui je suis !
Mat (le regardant droit dans les yeux)
Oui, un gros con !

Et là tout bascule. Phil saisie Mat par les cheveux, la fait tomber du lit et la traîne par les cheveux jusque dans le couloir en lui donnant des coups de pied. Il lui explose le nez. Mat arrive à se dégager et essaie de courir dehors. Elle est toute nue. Elle passe par la cuisine. Phil l’a rattrape et saisit un couteau. Il l’a plaque par terre et lève le couteau au dessus du visage de Mat.

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